CHANSONGS

11/12/2016

Bob Dylan – A Hard Rain’s A-Gonna Fall

This is the song handpicked half a century later for the entertainment of the Nobel Prize glitterati out of absent Bob Dylan’s Father Christmas’s sack.
I’ve felt like translating it today to prove to myself that it doesn’t make any more sense in French than it does in English. I guess Patti Smith must have felt the same, blundering as she did not once but twice over the convoluted words – watch the performance here if you must. This lack of professionalism earned her a standing ovation – well, why not, since the lyricist himself was being anointed as a master writer?
=

A Hard Rain’s A-Gonna Fall (1963)
=A Hard Rain’s A-Gonna Fall (1963)
Une forte pluie va tomber
=
Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’
Heard the roar of a wave that could drown the whole world
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’
Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’
Heard one person starve, I heard many people laughin’
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded with hatred
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, what’ll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what’ll you do now, my darling young one?
I’m a-goin’ back out ’fore the rain starts a-fallin’
I’ll walk to the depths of the deepest black forest
Where the people are many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
Where the executioner’s face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I’ll tell it and think it and speak it and breathe it
And reflect it from the mountain so all souls can see it
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’
But I’ll know my song well before I start singin’
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, où es-tu allé, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, où es-tu allé, mon petit chéri ?
J’ai trébuché sur les flancs de douze montagnes brumeuses
J’ai marché et j’ai rampé sur six autoroutes tortueuses
J’ai pénétré au cœur de sept forêts tristes
Je suis sorti à la rencontre d’une douzaine d’océans morts
J’ai fait dix mille miles dans la bouche d’un cimetière
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Oh, qu’as-tu vu, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, qu’as-tu vu, mon petit chéri ?
J’ai vu un nouveau-né avec des loups sauvages tout autour
J’ai vu une autoroute de diamants sans personne dessus
J’ai vu une branche noire dégouttant du sang
J’ai vu une salle pleine d’hommes et leurs marteaux saignaient
J’ai vu une échelle blanche entièrement sous l’eau
J’ai vu dix mille bavards, tous la langue brisée
J’ai vu des fusils et des épées tranchantes dans les mains de gamins | Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Et qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus ?
Et qu’as-tu entendu, mon petit chéri ?
J’ai entendu le bruit du tonnerre, il a hurlé un avertissement
Entendu le rugissement d’une vague qui pourrait noyer la terre entière | Entendu cent joueurs de tambour dont les mains étaient en flammes | Entendu dix mille chuchoter et pas un n’écoutait
Entendu une personne mourant de faim, entendu beaucoup de gens rire | Entendu la chanson d’un poète mort dans le caniveau
Entendu le bruit que faisait un clown qui pleurait dans l’allée
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Qui as-tu rencontré, mon fils aux yeux bleus
Qui as-tu rencontré, mon petit chéri ?
J’ai rencontré un petit enfant auprès d’un poney mort
J’ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir
J’ai rencontré une jeune femme dont le corps brûlait
J’ai rencontré une jeune fille, elle m’a donné un arc-en-ciel
J’ai rencontré un homme blessé par l’amour
J’ai rencontré un autre homme blessé par la haine
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Oh, que vas-tu faire maintenant, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, que vas-tu faire à présent, mon petit chéri ?
Je retourne dehors avant que la pluie ne se mette à tomber
Je vais marcher jusqu’au fin fond de la forêt noire la plus dense
Où les gens sont nombreux et et ont les mains vides
Où les boulettes de poison saturent leurs eaux
Où la maison dans la vallée rencontre la prison sale et humide
Où la face du bourreau est toujours soigneusement voilée
Où la faim est hideuse, où les âmes sont oubliées
Où noir est la couleur, où zéro est le nombre
Et je le dirai et le penserai et l’exprimerai et le respirerai
Et le réfléchirai depuis la montagne afin que toutes les âmes le voient | Puis je me mettrai debout sur l’océan jusqu’à ce que je commence à couler | Mais je connaîtrai ma chanson bien avant de me mettre à chanter | Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=

22/09/2016

Leonard Cohen – You want it darker

Le tout dernier du grand homme, 82 printemps hier 21 septembre. Cela s’écoute sur YouTube.
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You want it darker Tu veux que ce soit plus sombre
=
If you are the dealer, I’m out of the game
If you are the healer, it means I’m broken and lame
If thine is the glory then mine must be the shame
You want it darker
We kill the flame

Magnified, sanctified, be thy holy name
Vilified, crucified, in the human frame
A million candles burning for the help that never came
You want it darker
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

There’s a lover in the story
But the story’s still the same
There’s a lullaby for suffering
And a paradox to blame
But it’s written in the scriptures
And it’s not some idle claim
You want it darker
We kill the flame

They’re lining up the prisoners
And the guards are taking aim
I struggled with some demons
They were middle class and tame
I didn’t know I had permission to murder and to maim
You want it darker
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

Magnified, sanctified, be thy holy name
Vilified, crucified, in the human frame
A million candles burning for the love that never came
You want it darker
We kill the flame

If you are the dealer, let me out of the game
If you are the healer, I’m broken and lame
If thine is the glory, mine must be the shame
You want it darker

Hineni, hineni
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

[Outro: Cantor Gideon Zelermyer]
Hineni
Hineni, hineni
Hineni

Si c’est toi qui donnes, je quitte le jeu
Si t’es le guérisseur, alors j’suis brisé et estropié
Si la gloire est à toi, la honte doit être pour moi
Tu veux que ce soit plus sombre
On noie la flamme

Magnifié, sanctifié, que ton nom saint
Soit diffamé, crucifié, dans le corps humain
Un million de bougies brûlent pour l’aide jamais venue
Tu veux que ce soit plus sombre
Hineni, hineni [Me voici, me voici]
Je suis prêt, Seigneur

Il y a un(e) amant(e) dans l’histoire
Mais l’histoire est toujours la même
Il y a une berceuse pour la souffrance
Et un paradoxe à blâmer
Mais c’est écrit dans les Écritures
Et ce n’est pas une simple allégation
Tu veux que ce soit plus sombre
On éteint la flamme

Ils font mettre les prisonniers en rang
Et les gardes les mettent en joue
J’ai lutté contre des démons
Ils étaient bourgeois et apprivoisés
Je ne savais pas que j’avais la permission de tuer et de mutiler | Tu veux que ce soit plus sombre
Hineni, hineni
Je suis prêt, Seigneur

Magnifié, sanctifié, que ton nom saint
Soit diffamé, crucifié, dans le corps humain
Un million de bougies brûlent pour l’amour jamais venu | Tu veux que ce soit plus sombre
On étouffe la flamme

Si c’est toi qui donnes, fais-moi sortir du jeu
Si t’es le guérisseur, je suis brisé et estropié
Si la gloire est à toi, la honte doit être pour moi
Tu veux que ce soit plus sombre

Hineni, hineni
Hineni, hineni
Je suis prêt, Seigneur


Hineni
Hineni, hineni
Hineni

 

02/06/2016

Anon – A Philosophical Cowboy

Last month, the Union des Traducteurs et Non Traducteurs de Villié-Morgon, no less, held an English-to-French translation competition of an anonymous song of the American Far West, with Morgon wine bottles as prizes. There were three winning entries. And here is my hors concours version.
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A Philosophical Cowboy
=
Un cowboy philosophique

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On the Double Circle Range where the grass grows green 
The cattle get wild and the broncs get mean 
And the calves get bigger as the days go by, 
So we got to keep a-rimming, boys, it’s root hog or die.
=
In the morning after breakfast about daylight; 
Throw your saddle on a horse and pull your cinches tight 
Your bronc may jump crooked or he may jump high 
But we all got to ride them, boys, it’s root hog or die.
=
Oh, the hills are rough and rocky but we got to make the drive 
When you start a bunch of cattle you better come alive 
If you ever get a maverick you must get him on the fly 
So you better take to them, boys, it’s root hog or die.
=
When the long day is over you’ll be glad to see the chief 
With a pot of black coffee and another full of beef 
And some sour dough biscuits to take the place of pie 
When he hollers, “Come and git it,” it’s root hog or die.
=
In the middle of the night it is sometimes awful hard 
To leave your warm blankets when you’re called on guard 
And you pass the weary moments while the stars are in the sky 
Humming to the cattle, boys, it’s root hog or die.
=
Sometimes it’s dreadful stormy and sometimes it’s pretty clear 
You may work a month and you might work a year 
But you can make a winning if you’ll come alive and try 
For the whole world over, boys, it’s root hog or die.
Dans les pâturages du Double Cercle où l’herbe pousse verte
Le bétail se lâche, les broncos bronchent
Et les veaux forcissent au fil des jours
Aussi faut continuer de patrouiller, les gars, c’est la duraille ou la mort=
Après le petit-déjeuner aux premières lueurs
Selle un cheval et serre bien la sangle
Ton bronco peut ruer fourbe ou sauter pas franc
Mais faut tous les monter, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Oh, les collines c’est cahots et rocaille, mais faut en passer par là
Quand on lance un troupeau, vaut mieux s’en sortir vivant
Si jamais tu tombes sur un veau non marqué, rafle-le au passage
Autant vous y faire, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Quand la longue journée est finie, t’auras plaisir à voir le chef
Avec un pot de café noir, un autre plein de pot-au-feu
Et des biscuits au levain en guise de tourte
Quand il gueule, « À la graille ! », c’est la duraille ou la mort
=
En pleine nuit c’est parfois bougrement dur
De sortir des couvrantes quand on est mis de garde
Et on passe les moments éprouvants sous le ciel étoilé
À chantonner pour le bétail, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Parfois c’est une foutue tempête et parfois c’est plutôt dégagé
Qu’on travaille un mois ou qu’on travaille un an
On a tout à gagner quand on se donne la peine d’essayer
Pour le monde entier, les gars, c’est la duraille ou la mort

09/11/2015

Simon & Garfunkel – Sound of Silence

Filed under: English songs,Others — marcel barang @ 6:49 pm

Cela s’écoute sur YouTube.
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Sound of Silence – 1964
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Le son du silence
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Hello, darkness, my old friend
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence
=
In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone
Beneath the halo of a street lamp
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed
By the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence
=
And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb the sound of silence.
=
Fools, said I, you do not know
Silence like a cancer grows
Hear my words that I might teach you
Take my arms that I might reach you
But my words like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence
=
And the people bowed and prayed
To the neon god they made.
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said: The words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls
And whispered in the sound of silence
=
Bonsoir, obscurité, ma vieille amie
Je viens te parler à nouveau
Car une vision subreptice
A germé tandis que je dormais
Et la vision semée dans mon cerveau
Perdure
Au sein du son du silence
=
Dans mes rêves agités, j’arpentais seul
D’étroites rues pavées
Sous le halo d’un lampadaire
Je remontais mon col contre le froid et l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis
Par l’éclat d’un néon
Qui déchirait la nuit
Et atteignait le son du silence
=
Et dans cette lumière crue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des gens qui causaient sans parler
Des gens qui entendaient sans écouter
Des gens qui écrivaient des chansons jamais chantées
Et personne n’osait
Troubler le son du silence
=
Idiots, dis-je, vous ignorez
Que le silence se propage comme un cancer
Entendez ma voix, que je puisse vous enseigner
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles telles des gouttes de pluie silencieuses tombaient et résonnaient dans les puits du silence
=
Et les gens s’inclinaient et priaient
Le dieu de néon qu’ils avaient créé
Et un panneau pulsait un avertissement
Formulé à sa façon
Il disait : Les mots des prophètes
Sont inscrits sur les murs du métro
Et des entrées d’immeubles
Et sont susurrés dans le son du silence
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14/06/2015

The Moody Blues – Nights In White Satin

Filed under: English songs,Others — marcel barang @ 10:15 am
Tags:

Tandis que, dehors, au cœur de la nuit, tonne le tonnerre tropical presque en retard d’une saison des pluies, je m’aperçois fortuitement au gré d’un surf YouTube d’un oubli impardonnable en ces pages de réminiscences : les nuits de satin blanc des Moody Blues quand j’avais vingt-deux ans. Une poignée de mots, une mélopée : l’envoûtement. Le vent aidant, voici des trombes d’eau à présent. Si tout se passe mal, Bangkok sera gaga-glouglou au matin, what else is new ?

Cela s’écoute sur YouTube.

Nights In White Satin – 1967
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Nuits de satin blanc
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Nights in white satin never reaching the end
Letters I’ve written never meaning to send
Beauty I’d always missed with these eyes before
Just what the truth is I can’t say any more
=
’Cause I love you
Yes I love you
Oh, how I love you, oh
=
Gazing at people, some hand in hand
Just what I’m going through, they can’t understand
Some try to tell me thoughts they cannot defend
Just what you want to be, you’ll be in the end
=
And I love you
Yes, I love you
Oh, how I love you, oh
I love you
Nuits de satin blanc qui n’en finissent jamais
Ces lettres que j’ai écrites sans jamais avoir l’intention de les envoyer
La beauté que je n’avais jamais su voir avec mes yeux d’avant
Je ne sais plus exactement ce qui est vrai
=
Car je t’aime
Oui je t’aime
Oh comme je t’aime
=
A regarder les gens, certains main dans la main
Ce que j’endure, ils ne peuvent le comprendre
Certains essaient de me donner des idées qu’ils ne peuvent défendre
Ce que tu veux être vraiment, tu le seras à la fin
=
Et je t’aime
Oui je t’aime
Oh comme je t’aime, oh
Je t’aime

29/04/2015

Leonard Cohen – Famous blue raincoat

Cela s’écoute sur YouTube.
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Famous blue raincoat – 1970
=
Le fameux imper bleu
=
It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening
I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now 
I hope you’re keeping some kind of a record
=
Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?
=
The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene
And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife
=
Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards
=
And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping and your woman is free
Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried
=
And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
=
Sincerely, L. Cohen
=
Il est quatre heures du mat’, fin décembre
Je t’écris juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime là où je vis
Il y a de la musique toute la soirée dans Clinton Street
On me dit que tu te construis une p’tite maison en plein désert
Ta vie n’a plus de sens
J’espère que tu prends au moins des notes

=
Oui, et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
la nuit où t’avais prévu de passer au Clair
As-tu réussi à te mettre au Clair ?*

=
La dernière fois qu’on t’a vu, t’avais l’air bien plus vieux
Ton fameux imper bleu avait un accroc à l’épaule
T’étais allé à la gare attendre chaque train
Mais t’es rentré sans Lili Marlène
Et t’as donné à ma femme un aperçu de ta vie
Mais quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

=
Eh bien, je te revois, une rose entre les dents
Un gitan voleur et maigre de plus
Ah, je vois que Jane est réveillée
Elle t’envoie ses amitiés

=
Et que puis-je te dire, mon frère, mon meurtrier ?
Vraiment, qu’est-ce que je peux bien te dire?
Je crois que tu me manques. Je crois que je te pardonne
Je suis content que tu m’aies entravé
Si jamais tu reviens par ici pour Jane ou pour moi
eh bien, ton ennemi dort et ta femme est libre

Oui, et merci pour la peine que t’as ôtée de ses yeux
Je croyais qu’elle y était pour toujours, alors je n’ai jamais essayé

=
Et Jane est venue avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
la nuit où t’avais prévu de te mettre au Clair

=
Sincèrement, L. Cohen
=
* Expression de scientologie, pour qui l’état Clair est la condition d’une personne qui n’est plus soumise à des influences non souhaitées provenant de souvenirs ou d’émotions traumatiques passés.

12/02/2015

Jethro Tull – Aqualung

Cela s’écoute sur YouTube.

Aqualung – 1971
=
Scaphandre
Sitting on a park bench
Eyeing little girls with bad intent
Snot running down his nose
Greasy fingers smearing shabby clothes
=
Drying in the cold sun
Watching as the frilly panties run
Feeling like a dead duck
Spitting out pieces of his broken luck
=
Sun streaking cold an old man wandering lonely
Taking time the only way he knows
Leg hurting bad, as he bends to pick a dog-end
He goes down to the bog and warms his feet
=
Feeling alone? The army’s up the road
Salvation à la mode and a cup of tea
Aqualung, my friend, don’t start away uneasy
You poor old sod, you see, it’s only me
=
Do you still remember December’s foggy freeze
When the ice that clings on to your beard is screaming agony
And you snatch your rattling last breaths with deep-sea-diver sounds
And the flowers bloom like madness in the spring
=
Assis sur un banc dans un parc
Lorgnant les minettes avec de noirs desseins
De la morve coulant de son nez
Ses doigts gras barbouillant des habits miteux
=
Se séchant au soleil froid
Observant la course des petites culottes à frou-frous
Se sentant comme un rat mort
Crachant les pépins de sa malchance
=
Le soleil transit un vieil homme qui erre esseulé
Prenant le temps de la seule façon qu’il connaît
Un mal de chien à la jambe tandis qu’il se baisse pour ramasser un mégot
Il descend au marais et se réchauffe les pieds
=
Tu te sens seul ? L’Armée est en haut de la rue
Du Salut à la mode et une tasse de thé
Scaphandre, mon pote, va pas t’inquiéter
Espèce de vieux chnoque, tu vois, ce n’est que moi
=
Est-ce que tu te souviens des gelées embrumées de décembre
Quand la glace agrippée à ta barbe est un supplice
Et que tu t’arraches des râles avec des glouglous de plongeur sous-marin
Et puis les fleurs en folie fleurissent au printemps
=

14/01/2015

Leonard Cohen – Almost like the blues

Listen to it on his official website.

Almost like the blues – 2014
=
Presque comme le blues
=
I saw some people starving
There was murder, there was rape
Their villages were burning
They were trying to escape
I couldn’t meet their glances
I was staring at my shoes
It was acid, it was tragic
It was almost like the blues
It was almost like the blues
=
I have to die a little
Between each murderous thought
And when I’m finished thinking
I have to die a lot
There’s torture and there’s killing
And there’s all my bad reviews
The war, the children missing
Lord, it’s almost like the blues
It’s almost like the blues
=
I let my heart get frozen
To keep away the rot
My father said I’m chosen
My mother said I’m not
I listened to their story
Of the Gypsies and the Jews
It was good, it wasn’t boring
It was almost like the blues
It was almost like the blues
=
There is no God in Heaven
And there is no Hell below
So says the great professor
Of all there is to know
But I’ve had the invitation
That a sinner can’t refuse
And it’s almost like salvation
It’s almost like the blues
Almost like the blues
=
J’ai vu des gens mourir de faim
Il y avait des meurtres, il y avait des viols
Leurs villages brûlaient
Ils tentaient de s’échapper
Je n’ai pu croiser leurs regards
Je contemplais mes chaussures
C’était acide, c’était tragique
C’était presque comme le blues
C’était presque comme le blues
=
Il faut que je meure un peu
Entre chaque envie de meurtre
Et quand j’aurai fini de penser
Je dois mourir beaucoup
Il y a torture et il y a massacre
Et il y a toutes les mauvaises critiques (de mon œuvre)
La guerre, les enfants disparus
Seigneur, c’est presque comme le blues
C’est presque comme le blues
=
J’ai laissé mon cœur se glacer
Pour tenir la pourriture à l’écart
Mon père disait que j’’étais l’élu
Ma mère disait c’est pas vrai
J’ai écouté leur histoire
Des gitans et des juifs
C’était bien, c’était pas ennuyeux
C’était presque comme le blues
C’était presque comme le blues
=
Y’a pas de dieu au paradis
Et pas d’enfer en dessous
Ainsi dit le grand professeur
De tout ce qu’il faut savoir
Mais j’ai reçu l’invitation
Qu’un pécheur ne peut refuser
C’est presque comme le salut
C’est presque comme le blues
Presque comme le blues
=

13/01/2015

Leonard Cohen – Slow

Cela s’écoute sur YouTube or on the man’s official website.

Slow – 2014
=
Lent
=
I’m slowing down the tune
I never liked it fast
You wanna get there soon
I wanna get there last
It’s not because I’m old
It’s not the life I led
I always liked it slow
That’s what my mamma said
=
I’m lacing up my shoes
But I don’t want to run
I’ll get there when I do
Don’t need no starting gun
It’s not because I’m old
And it’s not what dying does
I always liked it slow
Slow is in my blood
=
[Chorus]
I always liked it slow
I never liked it fast
With you it’s got to go
With me it’s got to last
It’s not because I’m old
It’s not because I’m dead
I always liked it slow
That’s what my mama said
=
All your moves are swift
All your turns are tight
Let me catch my breath
I thought we had all night
I like to take my time
I like to linger as it flies
A weekend on your lips
A lifetime in your eyes
=
[Chorus]
I always liked it slow
I never liked it fast
With you it’s got to go
With me it’s got to last
It’s not because I’m old
It’s not the life I led
I always liked it slow
That’s what my mama said
=
I’m slowing down the tune
I never liked it fast
You wanna get there soon
I wanna get there last
So, baby let me go
You’re wanted back in town
In case they want to know
I’m just trying to slow down
=
Je ralentis le rythme
Je l’ai jamais aimé vif
Tu veux arriver vite
Je veux arriver tard
C’est pas parce que je suis vieux
C’est pas la vie que j’ai menée
J’ai toujours aimé le lent
C’est ce que disait ma maman
=
Je lace mes chaussures
Mais je veux pas courir
J’arriverai quand j’arriverai
Pas besoin de coup de feu au départ
C’est pas parce que je suis vieux
Et c’est ce que mourir implique
J’ai toujours aimé le lent
Le lent est dans mon sang
=
[Refrain]
J’ai toujours aimé le lent
Jamais aimé la vitesse
Avec toi faut y aller
Avec moi faut durer
C’est pas parce que je suis vieux
C’est pas parce que je suis mort
J’ai toujours aimé le lent
C’est ce que disait ma maman
=
Tous tes mouvements sont vifs
Tous tes virages sont ric-rac
Laisse-moi reprendre mon souffle
Je pensais qu’on avait toute la nuit
J’aime prendre mon temps
J’aime m’attarder quand il fuit
Un week-end sur tes lèvres
Une vie dans tes yeux
=
[Refrain]
J’ai toujours aimé le lent
Jamais aimé la vitesse
Avec toi faut y aller
Avec moi faut durer
C’est pas parce que je suis vieux
C’est pas la vie que j’ai menée
J’ai toujours aimé le lent
C’est ce que disait ma maman
=
Je ralentis le rythme
Je l’ai jamais aimé rapide
Tu veux arriver vite
Je veux arriver tard
Alors, chérie, laisse-moi m’en aller
On t’attend en ville
Si jamais ça les intéresse
J’essaie simplement de freiner
=

08/01/2015

Leonard Cohen – Everybody knows

Filed under: English songs,Leonard Cohen — chansongs @ 7:09 pm

Cela s’écoute sur YouTube.
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Everybody knows – 1988
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Tout le monde le sait
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Everybody knows that the dice are loaded
Everybody rolls with their fingers crossed
Everybody knows that the war is over
Everybody knows the good guys lost
Everybody knows the fight was fixed
The poor stay poor, the rich get rich
That’s how it goes
Everybody knows
=
Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows that the captain lied
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died
Everybody talking to their pockets
Everybody wants a box of chocolates
And a long stem rose
Everybody knows
=
Everybody knows that you love me baby
Everybody knows that you really do
Everybody knows that you’ve been faithful
Ah give or take a night or two
Everybody knows you’ve been discreet
But there were so many people you just had to meet
Without your clothes
And everybody knows
=
Everybody knows, everybody knows
That’s how it goes
Everybody knows
=
Everybody knows, everybody knows
That’s how it goes
Everybody knows
=
And everybody knows that it’s now or never
Everybody knows that it’s me or you
And everybody knows that you live forever
Ah when you’ve done a line or two
Everybody knows the deal is rotten
Old Black Joe’s still pickin’ cotton
For your ribbons and bows
And everybody knows
=
And everybody knows that the Plague is coming
Everybody knows that it’s moving fast
Everybody knows that the naked man and woman
Are just a shining artefact of the past
Everybody knows the scene is dead
But there’s gonna be a meter on your bed
That will disclose
What everybody knows
=
And everybody knows that you’re in trouble
Everybody knows what you’ve been through
From the bloody cross on top of Calvary
To the beach of Malibu
Everybody knows it’s coming apart
Take one last look at this Sacred Heart
Before it blows
And everybody knows
=
Everybody knows, everybody knows
That’s how it goes
Everybody knows
=
Oh everybody knows, everybody knows
That’s how it goes
Everybody knows
=
Everybody knows
=
Tout le monde sait que les dés sont pipés
Tout le monde les roule en croisant les doigts
Tout le monde sait que la guerre est finie
Tout le monde sait que les braves types ont perdu
Tout le monde sait que le combat était truqué
Les pauvres restent pauvres, les riches s’enrichissent
C’est comme ça que ça s’passe
Tout le monde le sait
=
Tout le monde sait que le bateau prend l’eau
Tout le monde sait que le capitaine a menti
Tout le monde a ce sentiment d’abattement
Comme si son père ou son chien venait d’mourir
Tout le monde parle à ses poches
Tout le monde veut une boîte de chocolats
Et tout le tralala
Tout le monde le sait
=
Tout le monde sait que tu m’aimes, minette
Tout le monde sait que tu m’aimes vraiment
Tout le monde sait que t’as été fidèle
À part, disons, une nuit ou deux
Tout le monde sait que t’as été discrète
Mais tu devais rencontrer tellement de gens
Sans tes vêtements
Et tout le monde le sait
=
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
C’est comme ça que ça s’passe
Tout le monde le sait
=
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
C’est comme ça que ça s’passe
Tout le monde le sait
=
Tout le monde sait que c’est maintenant ou jamais
Tout le monde sait que c’est toi ou moi
Et tout le monde sait que t’es immortel
Quand t’as pondu un vers ou deux
Tout le monde sait que l’affaire est pourrie
Vieux Joe le Noir ramasse toujours le coton
Pour tes rubans et lacets
Et tout le monde le sait
=
Tout le monde sait que la peste arrive
Tout le monde sait qu’elle avance vite
Tout le monde sait que la femme et l’homme nus
Ne sont qu’un reliquat brillant du passé
Tout le monde sait que la scène est morte
Mais il va y avoir un compteur sur ton lit
Qui révélera
Ce que tout le monde sait
=
Et tout le monde sait que t’as des problèmes
Tout le monde sait ce que t’as vécu
Depuis la croix sanglante au sommet du Calvaire
Jusqu’à la plage de Malibu
Tout le monde sait que tout fout le camp
Jette un dernier regard à ce Sacré Cœur
Avant qu’il n’explose
Et tout le monde le sait
=
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
C’est comme ça que ça s’passe
Tout le monde le sait
=
Oh, tout le monde le sait, tout le monde le sait
C’est comme ça que ça s’passe
Tout le monde le sait
=
Tout le monde le sait
=
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