CHANSONGS

10/01/2015

Jacques Brel – Avec élégance

Filed under: French songs,Jacques Brel — marcel barang @ 3:04 pm
Tags: , ,

A master song. One of his last, published after his death. Cela s’écoute sur YouTube.

Avec élégance – (2003)
=
With elegance
=
Se sentir quelque peu Romain
Mais au temps de la décadence
Gratter sa mémoire à deux mains
Ne plus parler qu’à son silence
Et
Ne plus vouloir se faire aimer
Pour cause de trop peu d’importance
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Sentir la pente plus glissante
Qu’au temps où le corps était mince
Lire dans les yeux des ravissantes
Que cinquante ans c’est la province
Et
Brûler sa jeunesse mourante
Mais faire celui qui s’en dispense
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Sortir pour traverser des bars
Où l’on est chaque fois le plus vieux
Y éclabousser de pourboires
Quelques barmans silencieux
Et
Grignoter des banalités
Avec des vieilles en puissance
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Savoir qu’on a toujours eu peur
Savoir son poids de lâcheté
Pouvoir se passer de bonheur
Savoir ne plus se pardonner
Et
N’avoir plus grand-chose à rêver
Mais écouter son cœur qui danse
Être désespéré
Mais avec espérance
=
Feeling somewhat like a Roman
But in times of their decline
Scratching your memory with both hands
No longer speaking but to your silence
And
No longer wanting to be loved
For reason of making too little difference
Being desperate
But with elegance
=
Feeling the slope more slippery than
In those days when your body was slim
Reading in pretty women’s eyes
That past fifty is the back of beyond
And
Setting fire to your dying youth
But acting as if you need not do so
Being desperate
But with elegance
=
Going out and hopping across pubs
In each of which you’re the oldest
Spattering tips over
A few silent barmen
And
Frittering away platitudes
With tomorrow’s old biddies
Being desperate
But with elegance
=
Knowing that you’ve always been scared
Knowing how much you rate in terms of cowardice
Being able to go without happiness
Knowing how to no longer forgive yourself
And
Having nothing much to wish for anymore
But listening instead to your heart’s dance
Being desperate
But with expectation
=

01/01/2015

Jacques Brel : Le plat pays

Filed under: French songs,Jacques Brel — chansongs @ 12:00 pm
Tags: , , , ,

Studio recording.
Olympia 1964.
In person.

x

Le plat pays – 1963

The flat homeland

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l’est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
x
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluies pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
x
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité
Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu
Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s’écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
x
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien
With the Northern Sea as terminal waste land
And waves of dunes to halt the waves
And rocks of a kind which the tides override
And which forever have their hearts at low tide
With an infinity of mist in the making
With the easterly, listen to it holding
This flat homeland of mine

x
With only cathedrals for mountains
And black steeples for greasy poles
Where stone devils unhook the clouds
With the passing of days as sole venture
And only lanes of rain as farewells
With the westerly, listen to it claiming
This flat homeland of mine

x
With a sky so low a canal lost its way
With a sky so low it begs humility
With a sky so grey a canal hanged itself
With a sky so grey it must be forgiven
With the northerly that tears itself apart
With the northerly, listen to it cracking
This flat homeland of mine

x
With part of Italy if it flew down the Escaut
With Fair Frida when she becomes Margot
When the sons of November come back to us in May
When the plain is steaming and shivers through July

When the wind looks like laughter, when the wind fans the wheat
When the wind turns southward, listen to it singing
This flat homeland of mine

x

Jacques Brel : Les Vieux

Filed under: French songs,Jacques Brel — chansongs @ 12:00 pm
Tags: , , ,

x
It’s on youtube.com/watch?v=Gy-Y6DudhY0&feature=related.
x

Les vieux – 1963

Old folk

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement
parfois du bout des yeux

Même riches ils sont pauvres, ils n’ont plus d’illusions
et n’ont qu’un cœur pour deux

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande
et le verbe d’antan

Que l’on vive à Paris on vit tous en province
quand on vit trop longtemps

Est-ce d’avoir trop ri que leur voix se lézarde
quand ils parlent d’hier

Et d’avoir trop pleuré que des larmes encore
leur perlent aux paupières ?

Et s’ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir
la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non,
qui dit : je vous attends ?

x
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent,
leurs pianos sont fermés

Le petit chat est mort, le muscat du dimanche
ne les fait plus chanter

Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides,
leur monde est trop petit

Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil
et puis du lit au lit

Et s’ils sortent encore bras dessus, bras dessous,
tout habillés de raide

C’est pour suivre au soleil l’enterrement d’un plus vieux, l’enterrement d’une plus laide
Et le temps d’un sanglot, oublier toute une heure
la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non,
et puis qui les attend

x
Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour
et dorment trop longtemps

Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre
et se perdent pourtant

Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire,
le doux ou le sévère

Cela n’importe pas, celui des deux qui reste
se retrouve en enfer

Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois
en pluie et en chagrin

Traverser le présent en s’excusant déjà
de n’être pas plus loin

Et fuir devant vous une dernière fois
la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non,
qui leur dit : je t’attends

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non
et puis qui nous attend.
Old folk no longer talk or else at times merely
from the tip of their eyes
Even when rich they are poor, they have no more illusions
and the same heart for two
Their homes smell of thyme, neatness, lavender
and vintage turns of phrase
Even if we live in Paris we all live in the sticks
if we live too long
Is it from having laughed too much that their voices crack
when they speak of the past?
And from too much weeping that tears still form
beads on their eyelids?
And if they quaver a bit, is it from seeing growing old
the silver clock
That drones in the sitting room, saying yes, saying no,
saying: I’m waiting for you?
x
Old folk no longer dream; their books are left to slumber;
their pianos are closed shut
‘The little cat is dead’; the Sunday muscatel
no longer makes them sing
Old folk no longer move, their gestures are too wrinkled,
their world is far too small
From the bed to the window then from the bed to the chair
and then from the bed to the bed
And if they still go out arm in arm,
all clad in stiffness
It’s to attend in the sun the burial of an older man,
the burial of a plainer woman
And, in the crack of a sob, forget for a whole hour
the silver clock
That drones in the sitting room, saying yes, saying no
and then waiting for them
x
Old folk do not die; they fall asleep one day
and sleep too long
They hold hands, afraid to lose each other
and yet lose the other one does
And the other remains there – the better or the worse,
the gentle or the stern
It doesn’t matter: the one of the two left behind
finds herself in hell
You will see her perhaps, you will see him sometimes,
in the rain and in grief
Going through the present already apologising
for not being further along
And shunning before you one last time
the silver clock
That drones in the sitting room, saying yes, saying no,
telling them: I’m waiting
That drones in the sitting room, saying yes, saying no,
and then waiting for us
x

Create a free website or blog at WordPress.com.