CHANSONGS

11/12/2016

Bob Dylan – A Hard Rain’s A-Gonna Fall

This is the song handpicked half a century later for the entertainment of the Nobel Prize glitterati out of absent Bob Dylan’s Father Christmas’s sack.
I’ve felt like translating it today to prove to myself that it doesn’t make any more sense in French than it does in English. I guess Patti Smith must have felt the same, blundering as she did not once but twice over the convoluted words – watch the performance here if you must. This lack of professionalism earned her a standing ovation – well, why not, since the lyricist himself was being anointed as a master writer?
=

A Hard Rain’s A-Gonna Fall (1963)
=A Hard Rain’s A-Gonna Fall (1963)
Une forte pluie va tomber
=
Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’
Heard the roar of a wave that could drown the whole world
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’
Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’
Heard one person starve, I heard many people laughin’
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded with hatred
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, what’ll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what’ll you do now, my darling young one?
I’m a-goin’ back out ’fore the rain starts a-fallin’
I’ll walk to the depths of the deepest black forest
Where the people are many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
Where the executioner’s face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I’ll tell it and think it and speak it and breathe it
And reflect it from the mountain so all souls can see it
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’
But I’ll know my song well before I start singin’
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall
=
Oh, où es-tu allé, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, où es-tu allé, mon petit chéri ?
J’ai trébuché sur les flancs de douze montagnes brumeuses
J’ai marché et j’ai rampé sur six autoroutes tortueuses
J’ai pénétré au cœur de sept forêts tristes
Je suis sorti à la rencontre d’une douzaine d’océans morts
J’ai fait dix mille miles dans la bouche d’un cimetière
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Oh, qu’as-tu vu, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, qu’as-tu vu, mon petit chéri ?
J’ai vu un nouveau-né avec des loups sauvages tout autour
J’ai vu une autoroute de diamants sans personne dessus
J’ai vu une branche noire dégouttant du sang
J’ai vu une salle pleine d’hommes et leurs marteaux saignaient
J’ai vu une échelle blanche entièrement sous l’eau
J’ai vu dix mille bavards, tous la langue brisée
J’ai vu des fusils et des épées tranchantes dans les mains de gamins | Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Et qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus ?
Et qu’as-tu entendu, mon petit chéri ?
J’ai entendu le bruit du tonnerre, il a hurlé un avertissement
Entendu le rugissement d’une vague qui pourrait noyer la terre entière | Entendu cent joueurs de tambour dont les mains étaient en flammes | Entendu dix mille chuchoter et pas un n’écoutait
Entendu une personne mourant de faim, entendu beaucoup de gens rire | Entendu la chanson d’un poète mort dans le caniveau
Entendu le bruit que faisait un clown qui pleurait dans l’allée
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Qui as-tu rencontré, mon fils aux yeux bleus
Qui as-tu rencontré, mon petit chéri ?
J’ai rencontré un petit enfant auprès d’un poney mort
J’ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir
J’ai rencontré une jeune femme dont le corps brûlait
J’ai rencontré une jeune fille, elle m’a donné un arc-en-ciel
J’ai rencontré un homme blessé par l’amour
J’ai rencontré un autre homme blessé par la haine
Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
=
Oh, que vas-tu faire maintenant, mon fils aux yeux bleus ?
Oh, que vas-tu faire à présent, mon petit chéri ?
Je retourne dehors avant que la pluie ne se mette à tomber
Je vais marcher jusqu’au fin fond de la forêt noire la plus dense
Où les gens sont nombreux et et ont les mains vides
Où les boulettes de poison saturent leurs eaux
Où la maison dans la vallée rencontre la prison sale et humide
Où la face du bourreau est toujours soigneusement voilée
Où la faim est hideuse, où les âmes sont oubliées
Où noir est la couleur, où zéro est le nombre
Et je le dirai et le penserai et l’exprimerai et le respirerai
Et le réfléchirai depuis la montagne afin que toutes les âmes le voient | Puis je me mettrai debout sur l’océan jusqu’à ce que je commence à couler | Mais je connaîtrai ma chanson bien avant de me mettre à chanter | Et c’est une forte, et c’est une forte, c’est une forte, et c’est une forte | C’est une forte pluie qui va tomber
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09/10/2016

Charles Aznavour – La critique

Filed under: Charles Aznavour,French songs — marcel barang @ 5:51 pm
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Cela s’écoute sur YouTube.

La critique (2004) The critics
Ils sont là tranquilles sans la moindre bile
Lorsque l’on panique et que mort de trac
Tous nos membres claquent devant le public.
Avec un air sombre, ils guettent dans l’ombre
Armés d’un stylo, quoi qu’on dise ou fasse
De notre cuirasse, le moindre défaut.
De gauche ou de droite, ceux que l’on mandate
Pour faire un papier n’ont, je le présume
Pas trempé leur plume dans un bénitier.
Et que peut-on faire, pauvre pot de terre
Vulnérable et seul, lorsque l’on en crève
Rengainer ses rêves et fermer sa gueule ?
=
La critique, la critique, on a beau dire au fond
Que l’on s’en contrefout, la critique, la critique
Vous détruit le moral et vous en fout un coup.
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Frappé de nécrose, en lisant ces proses
Qui sauf exception, ressemblent oh surprise
À des entreprises de démolition.
Si certains paniquent et neurasthéniques
Consultent des psys, d’autres se libèrent
Remuent ciel et terre, étant Dieu merci
Du genre opiniâtre, sont prêts à se battre
Et pour être mieux, cherchent un autre style
Changent de profil, plantent des cheveux.
Ça ne change guère, il reste une guerre
De papier journal fait de mots qui touchent
Là où ça fait mouche, là où ça fait mal.
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La critique, la critique, on a beau dire au fond
Que l’on s’en contrefout, la critique, la critique
Vous détruit le moral et vous en fout un coup.
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Sorti du calvaire des années galères
De crève-la-faim, des galas sordides
Des soirées à bidet lorsqu’on voit enfin
Son nom qui se niche en haut de l’affiche
Ça fait chaud au cœur, puis vient la première
Où faut se les faire, contrôlant sa peur.
Après la soirée, les dés sont jetés
Déjà dans le hall, c’est fait de silence
Inquiétant et dense, miel ou vitriol.
Que ce soit le sacre ou bien le massacre
Faudra faire avec, se dit en coulisses
L’artiste au supplice sans un poil de sec.
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La critique, la critique, on a beau dire au fond
Que l’on s’en contrefout, la critique, la critique
Vous détruit le moral et vous en fout un coup.
=
Mais dis-toi que puisque tu as pris tes risques
T’as choisi ton bord, il te faut admettre
Que le sien est d’être, même s’il a tort
Celui qui informe, même s’il déforme
Souvent ta pensée, chacun sa manière
Et son savoir-faire, chacun son métier.
Les articles passent, d’autres prennent place
Dans les quotidiens, ainsi va la vie
Nul ne s’en soucie, nul ne s’en souvient.
Quand l’artiste en scène joue et se démène
Rien n’est important, adieu la critique
Salut le public, bravo le talent.
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La critique, la critique, qu’elle vous porte aux nues
Ou en trois mots vous tue, la critique, la critique
Donne son unique opinion qu’est pas forcément du béton.
En fin de compte, seul le public a raison.
=
Here they are unworried and fret-free
While you panic frightened to death
All your limbs chattering before the audience.
Solemn-faced, armed with biros in the shadows
no matter what you do they keep an eye
for the least of your front’s flaws.
Left- or right-leaning, those that are mandated
to pen a piece do not, I take it
dip their quills into holy water
and what can you poor earthen pots do
vulnerable and alone, when it kills you having
to keep your dreams to yourself and shut your face?
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The critics, the critics, for all your confiding
that you don’t give a shit, the critics, the critics
they crush your spirit and shake you all up.
=
Struck with necrosis as you read those pieces
which with the occasional exception resemble
what else is new, demolition works.
If some of us panic and consult shrinks
out of neurasthenia, others free themselves
and leave no stone unturned, being, thank God
of a tenacious kind and ready to fight
and, to get better, look for another style
change their profiles, and plant hairs.
Nothing much changes, the newspaper war remains
full of words that score
right where it matters, right where it hurts
=
The critics, the critics, for all your confiding
that you don’t give a shit, the critics, the critics
they crush your spirit and shake you all up.
=
Out of the Calvary of dog’s years
of starvation, sordid galas and failed reps
when you finally see your name
with its top billing up there
It’s heart-warming, but then comes the première
Where you must face them, fear in check.
Once the show is over, the dice are cast
already in the hall all is disquieting and dense
silence – honey or vitriol.
Be it coronation or extermination
I’ll have to live with it, the artist under torture
sweating profusely tells himself
=
The critics, the critics, for all your confiding
that you don’t give a shit, the critics, the critics
they crush your spirit and shake you all up
=
But tell yourself that since you took your risks
and chose your camp, you must admit
theirs is to be, even if they are wrong
the ones that inform, even if they often distort
what you meant: to each his style
and his know-how, to each his job.
Articles go stale, others take their place
in the dailies, such is life
Nobody cares, nobody remembers.
When the artist on stage plays and does his utmost
nothing else matters. Goodbye the critics
hello the audience, talent is all.
=
The critics, the critics, whether they praise you to the skies | or with three words slay you, the critics, the critics | give their unique opinions which are not necessarily watertight.
Ultimately, the public’s always right.
=

22/09/2016

Leonard Cohen – You want it darker

Le tout dernier du grand homme, 82 printemps hier 21 septembre. Cela s’écoute sur YouTube.
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You want it darker Tu veux que ce soit plus sombre
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If you are the dealer, I’m out of the game
If you are the healer, it means I’m broken and lame
If thine is the glory then mine must be the shame
You want it darker
We kill the flame

Magnified, sanctified, be thy holy name
Vilified, crucified, in the human frame
A million candles burning for the help that never came
You want it darker
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

There’s a lover in the story
But the story’s still the same
There’s a lullaby for suffering
And a paradox to blame
But it’s written in the scriptures
And it’s not some idle claim
You want it darker
We kill the flame

They’re lining up the prisoners
And the guards are taking aim
I struggled with some demons
They were middle class and tame
I didn’t know I had permission to murder and to maim
You want it darker
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

Magnified, sanctified, be thy holy name
Vilified, crucified, in the human frame
A million candles burning for the love that never came
You want it darker
We kill the flame

If you are the dealer, let me out of the game
If you are the healer, I’m broken and lame
If thine is the glory, mine must be the shame
You want it darker

Hineni, hineni
Hineni, hineni
I’m ready, my lord

[Outro: Cantor Gideon Zelermyer]
Hineni
Hineni, hineni
Hineni

Si c’est toi qui donnes, je quitte le jeu
Si t’es le guérisseur, alors j’suis brisé et estropié
Si la gloire est à toi, la honte doit être pour moi
Tu veux que ce soit plus sombre
On noie la flamme

Magnifié, sanctifié, que ton nom saint
Soit diffamé, crucifié, dans le corps humain
Un million de bougies brûlent pour l’aide jamais venue
Tu veux que ce soit plus sombre
Hineni, hineni [Me voici, me voici]
Je suis prêt, Seigneur

Il y a un(e) amant(e) dans l’histoire
Mais l’histoire est toujours la même
Il y a une berceuse pour la souffrance
Et un paradoxe à blâmer
Mais c’est écrit dans les Écritures
Et ce n’est pas une simple allégation
Tu veux que ce soit plus sombre
On éteint la flamme

Ils font mettre les prisonniers en rang
Et les gardes les mettent en joue
J’ai lutté contre des démons
Ils étaient bourgeois et apprivoisés
Je ne savais pas que j’avais la permission de tuer et de mutiler | Tu veux que ce soit plus sombre
Hineni, hineni
Je suis prêt, Seigneur

Magnifié, sanctifié, que ton nom saint
Soit diffamé, crucifié, dans le corps humain
Un million de bougies brûlent pour l’amour jamais venu | Tu veux que ce soit plus sombre
On étouffe la flamme

Si c’est toi qui donnes, fais-moi sortir du jeu
Si t’es le guérisseur, je suis brisé et estropié
Si la gloire est à toi, la honte doit être pour moi
Tu veux que ce soit plus sombre

Hineni, hineni
Hineni, hineni
Je suis prêt, Seigneur


Hineni
Hineni, hineni
Hineni

 

02/06/2016

Anon – A Philosophical Cowboy

Last month, the Union des Traducteurs et Non Traducteurs de Villié-Morgon, no less, held an English-to-French translation competition of an anonymous song of the American Far West, with Morgon wine bottles as prizes. There were three winning entries. And here is my hors concours version.
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A Philosophical Cowboy
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Un cowboy philosophique

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On the Double Circle Range where the grass grows green 
The cattle get wild and the broncs get mean 
And the calves get bigger as the days go by, 
So we got to keep a-rimming, boys, it’s root hog or die.
=
In the morning after breakfast about daylight; 
Throw your saddle on a horse and pull your cinches tight 
Your bronc may jump crooked or he may jump high 
But we all got to ride them, boys, it’s root hog or die.
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Oh, the hills are rough and rocky but we got to make the drive 
When you start a bunch of cattle you better come alive 
If you ever get a maverick you must get him on the fly 
So you better take to them, boys, it’s root hog or die.
=
When the long day is over you’ll be glad to see the chief 
With a pot of black coffee and another full of beef 
And some sour dough biscuits to take the place of pie 
When he hollers, “Come and git it,” it’s root hog or die.
=
In the middle of the night it is sometimes awful hard 
To leave your warm blankets when you’re called on guard 
And you pass the weary moments while the stars are in the sky 
Humming to the cattle, boys, it’s root hog or die.
=
Sometimes it’s dreadful stormy and sometimes it’s pretty clear 
You may work a month and you might work a year 
But you can make a winning if you’ll come alive and try 
For the whole world over, boys, it’s root hog or die.
Dans les pâturages du Double Cercle où l’herbe pousse verte
Le bétail se lâche, les broncos bronchent
Et les veaux forcissent au fil des jours
Aussi faut continuer de patrouiller, les gars, c’est la duraille ou la mort=
Après le petit-déjeuner aux premières lueurs
Selle un cheval et serre bien la sangle
Ton bronco peut ruer fourbe ou sauter pas franc
Mais faut tous les monter, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Oh, les collines c’est cahots et rocaille, mais faut en passer par là
Quand on lance un troupeau, vaut mieux s’en sortir vivant
Si jamais tu tombes sur un veau non marqué, rafle-le au passage
Autant vous y faire, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Quand la longue journée est finie, t’auras plaisir à voir le chef
Avec un pot de café noir, un autre plein de pot-au-feu
Et des biscuits au levain en guise de tourte
Quand il gueule, « À la graille ! », c’est la duraille ou la mort
=
En pleine nuit c’est parfois bougrement dur
De sortir des couvrantes quand on est mis de garde
Et on passe les moments éprouvants sous le ciel étoilé
À chantonner pour le bétail, les gars, c’est la duraille ou la mort
=
Parfois c’est une foutue tempête et parfois c’est plutôt dégagé
Qu’on travaille un mois ou qu’on travaille un an
On a tout à gagner quand on se donne la peine d’essayer
Pour le monde entier, les gars, c’est la duraille ou la mort

15/12/2015

Barbara – Nantes

Cela s’écoute sur YouTube.

Nantes – 1964
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Nantes
=
Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin
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Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare
Nantes m’était encore inconnue
Je n’y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage
=
Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d’espoir
Il a demandé à vous voir

=
A l’heure de sa dernière heure
Après bien des années d’errance
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Depuis qu’il s’en était allé
Longtemps je l’avais espéré
Ce vagabond, ce disparu
Voilà qu’il m’était revenu
=
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Je m’en souviens du rendez-vous
Et j’ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d’un couloir
=
Assis près d’une cheminée
J’ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l’habit du dimanche
Je n’ai pas posé de questions
A ces étranges compagnons
J’ai rien dit, mais à leurs regards
J’ai compris qu’il était trop tard
=
Pourtant j’étais au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il ne m’a jamais revue
Il avait déjà disparu
=
Voilà, tu la connais l’histoire
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir
Se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même
Sans un adieu, sans un “je t’aime”
=
Au chemin qui longe la mer
Couché dans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose
Je l’ai couché dessous les roses/À l’ombre d’une rose rose (variante)
Mon père, mon père
=
Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin
=
It’s raining over Nantes
Do give me your hand
The sky of Nantes
Depresses me no end
=
On a morning like this one
Just a year ago now
The town looked this sallow
When I left the station
Nantes was still unknown to me
I had never been there
It took this message
For me to make the trip
=
Madam, be at the meeting point
25 rue de la Grange-au-Loup
Come quickly, there’s little hope

He’s been asking for you
=
At the last moment on his deathbed
After many years of wandering
He was back right in my heart
His cry was shattering the silence
Since he had gone away
I had long been longing for him
That vagrant, that missing person
And here he was, back to me
=
25 rue de la Grange-au-loup
I do remember the rendezvous
And I engraved in my memory
That room at the end of a corridor
=
Sitting close to a fireplace
I saw four men stand up
The light was cold and white
They were wearing their Sunday bests
I didn’t ask any questions
Of these strange companions
I said nothing, but from their looks
I understood it was too late
=
Yet I had kept the rendez-vous
25 rue de la Grange-au-loup
But he never saw me again
He was already gone
=
There, you know the story
He had come back one evening
And it was his last journey
And it was his last shore
He wanted before he died
To warm himself by my smile
But he died that very night
Without an “I love you” or a farewell
=
By the path along the sea
Lying in the garden of stones
I want that in peace he may rest
I laid him down beneath the roses/In the shade of a pink rose (variant)
My father, my father
=
It’s raining over Nantes
And I remember
The sky of Nantes
Leaves my heart bereft

12/12/2015

Barbara – Dis, quand reviendras-tu ?

Cela s’écoute sur YouTube.

Dis, quand reviendras-tu ? – 1964
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Say, when will you be back?
=
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m’as dit: « Cette fois, c’est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris ! »
=
Refrain :
Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
=
Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau en cette fin d’automne
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j’ai le mal d’amour, et j’ai le mal de toi
=
Refrain
=
J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m’émerveille
J’irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n’ai pas la vertu des femmes de marins
=
Refrain
=
How many days, how many nights
How much time has it been since you left once againYou told me “This is the last tripFor our hearts torn apart, the last shipwreck
In spring, you’ll see, I’ll be back
Spring is nice to talk about love
Together we’ll go and see the gardens bloom
And wander about the streets of Paris”
=
Chorus:
Say, when will you be back?
Say, are you at least aware
That all the time that passes
Can’t quite be caught up again
That all the moments lost
Will never come again
=
Springtime has long since fled
Fallen leaves are cracking as wood fires burn
Seeing Paris so beautiful in late autumn
Suddenly I am listless, I dream and I shiver
I pitch and I capsize and, like the corny old song
I come and I go, gybe and turn around, I loaf about
You are haunting me, I whisper words to you
And I am lovelorn, I miss you so much
=
Chorus
=
Although I still love you, and will love you always
Though I love only you, love you through and through
If you don’t understand that you have to return
I’ll make of what was us my fondest memories
Will take the road again, the world is such a marvel
I’ll go and enjoy the warmth of some other sun
I’m not one to die of grief
I don’t have the virtue of sailors’ wives
=
Chorus
=

02/08/2015

Jacques Dutronc – Il est cinq heures, Paris s’éveille

Filed under: Autres,French songs — marcel barang @ 2:52 pm
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Avec deux mois de retard, TV5 Monde fêtait hier soir le 72ème anniversaire de Jacques Dutronc. D’où l’idée de ressusciter un de ses tubes de jadis. Cela s’écoute sur YouTube ici ou .

Il est cinq heures, Paris s’éveille – 1992
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Five in the morning, Paris’s waking up
=
Je suis le dauphin de la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins de balais
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Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille
=
Les travestis vont se raser
Les strip-teaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués
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Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille
=
Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n’est plus qu’une carcasse
=
Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille
=
Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night regagne les cars
Les boulangers font des bâtards
=
Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille
=
La tour Eiffel a froid aux pieds
L’Arc de Triomphe est ranimé
Et l’Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée
=
Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille
=
Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C’est l’heure où je vais me coucher
=
Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n’ai pas sommeil
=
I’m the odd one out Place Dauphine
And Place Blanche doesn’t look good
The lorries are full of milk
The sweepers are full of brooms
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
=
The drag queens are off to shave
The strippers have put their clothes back on
The bolster pillows are being crushed
The lovers are tired
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
=
The morning coffee’s in the cups
The cafes are cleaning their windows
And on Boulevard Montparnasse
The station by now’s nothing but a carcass
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
=
Commuters are filling the railway stations
At La Villette bacon’s being sliced
Paris-by-night folks are filing back to their coaches
And the bakers are begetting loaves
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
=
The Eiffel Tower’s got cold feet
The Arc de Triomphe is back to life
And the Obelisk stands tall
In between night and day
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
=
The morning papers are off the press
And the workers are depressed
People are getting up, they are bullied
It’s time for me to go to bed
=
Five in the morning
Paris’s waking up
Paris’s waking up
I’m not sleepy
=

21/07/2015

Renaud – Mistrals gagnants

Filed under: French songs — marcel barang @ 10:04 am
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Cela s’écoute sur YouTube.

Mistrals gagnants – 1985
=
Mistral Gagnant
=
A m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu’y en a
Te parler du bon temps qu’est mort ou qui r’viendra
En serrant dans ma main tes p’tits doigts
Puis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d’pied pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures
Te raconter un peu comment j’étais minot
Les Bonbec fabuleux qu’on piquait chez l’marchand
Carensac et Mintos, caramels à un franc
Et les Mistrals gagnants
=
A remarcher sous la pluie cinq minutes avec toi
Et regarder la vie tant qu’y en a
Te raconter la Terre en te bouffant des yeux
Te parler de ta mère un p’tit peu
Et sauter dans les flaques pour la faire râler
Bousiller nos godasses et s’marrer
Et entendre ton rire comme on entend la mer
S’arrêter, r’partir en arrière
Te raconter surtout les carambars d’antan et les Cocos boers
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres
Et nous niquaient les dents
Et les mistrals gagnants
=
A m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder le soleil qui s’en va
Te parler du bon temps qu’est mort et je m’en fous
Te dire que les méchants c’est pas nous
Que si moi je suis barge, ce n’est que de tes yeux
Car ils ont l’avantage d’être deux
Et entendre ton rire s’envoler aussi haut
Que s’envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie
Et l’aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants
To sit on a bench a few minutes with you
And look at folks as many as there are
Telling you of good times now dead or yet to be
While squeezing in my hand your li’l fingers
And then feeding silly pigeons
Pretending to kick them
And hearing your wall-cracking laughter
That above all knows how to heal my wounds
Giving you an inkling of what kinda kid I was
Those fabulous Bonbec we nicked at the shopkeeper’s
Carensac and Mintos, toffee one franc a piece
And the Mistral Gagnant

=
To yet again walk in the rain a few minutes with you
And look at life as much as there is
Telling you of the Earth while devouring you with my eyes
Telling you of your mum tentatively
While jumping in puddles to get her annoyed
Ruining our shoes and having a good laugh
And hearing your laughter as one does breakers
Stopping then setting off again in reverse
Telling you above all of the Carambar of yore and of the Coco Boer
And those genuine Roudoudou that chapped our lips
And screwed our teeth
And the Mistral Gagnant
=
To sit on a bench a few minutes with you
And look at the parting sun
Telling you of good times that are dead and I don’t care | Telling you that we aren’t the bad guys
That if I am crazy it’s only about your eyes
For having the advantage of being twins
And listening to your laughter that goes as high
As bird cries pitch
And finally telling you that we must love life
And love it even if time is an assassin
That takes away with him children’s laughs
And the Mistral Gagnant
And the Mistral Gagnant

20/07/2015

Renaud – Dans mon HLM

Filed under: French songs — marcel barang @ 5:12 pm
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Dans mon HLM – 1980
=
In my council flat
=
Au rez-d’chaussée dans mon HLM
Y a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées
Qui tire sur tout c’qui bouge
Surtout si c’est bronzé
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois
Y s’recrée l’Indochine
Dans sa p’tite vie d’peigne cul
Sa femme sort pas d’la cuisine
Sinon y cogne dessus
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z’ont fini par le j’ter
C’est vous dire s’il est con
=
Putain c’qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
=
Au premier dans mon HLM
Y a l’jeune cadre dynamique
Costard en alpaga
C’ui qu’a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là
Maintenant il est content
Mais y parle de s’casser
Toute façon, y peut pas
Y lui reste à payer
Le lave-vaisselle, la télé
Et la sciure pour ses chats
Parc’que naturellement
Ce bon contribuable centriste
Il aime pas les enfants
C’est vous dire s’il est triste
=
Putain c’qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
=
Au deuxième dans mon HLM
Y a une bande d’allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés
Y a tout l’temps d’la musique
Des anciens d’soixante-huit
Y’en a un qu’est chômeur
Y’en a un qu’est instit’
Y’en a une, c’est ma sœur
Y vivent comme ça, relax
Y a des mat’lats par terre
Les voisins sont furax
Y font un boucan d’enfer
Y payent jamais leur loyer
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé
C’est vous dire s’ils sont cool
=
Putain, c’ qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
=
Au troisième dans mon HLM
Y a l’espèce de connasse
Celle qui bosse dans la pub’
L’hiver à Avoriaz
Le mois d’juillet au Club
Comme toutes les décolorées
Elle a sa Mini-Cooper
Elle allume tout l’quartier
Quand elle sort son cocker
Aux manifs de gonzesses
Elle est au premier rang
Mais elle veut pas d’enfants
Parc’ que ça fait vieillir
Ça ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides
Elle l’a lu dans L’Express
C’est vous dire si elle lit
=
Putain c’qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
=
Au quatrième, dans mon HLM
Y a celui qu’ les voisins
Appellent « le communiste »
Même qu’ça lui plaît pas bien
Y dit qu’il est trotskiste
J’ai jamais bien pigé
La différence profonde
Y pourrait m’expliquer
Mais ça prendrait des plombes
Depuis sa pétition
Y a trois ans pour l’Chili
Tout l’immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti
N’empêche que « Mort aux cons »
Dans la cage d’escalier
C’est moi qui l’ai marqué
C’est vous dire si j’ai raison
=
Putain c’qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
=
Pi y a aussi, dans mon HLM
Un nouveau romantique
Un ancien combattant
Un loubard, et un flic
Qui s’balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger all’mand
De la cave au parking
C’est vachement enrichissant
Quand j’en ai marre d’ces braves gens
J’fais un saut au huitième
Pour construire un moment
’vec ma copine Germaine
Un monde rempli d’enfants
Et quand l’jour se lève
On s’quitte en y croyant
C’est vous dire si on rêve
=
Putain c’qu’il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hash, elle aime
On the ground floor of my council flat
There’s some sort of spook
Who keeps the entrances under watch
And shoots at anything that moves
Especially if it’s dark-skinned
Spends his nights in the cellars
Beretta in hand
Stalking the kids that siphon
Wine off the bourgeois
He’s rewinding Indochina
In his tight arsehole of a life
His wife can’t leave the kitchen
Coz when she does he beats her up
He’s so fucking crazy
Even the Foreign Legion
Ended up chucking him out
Which tells you what a moron he is
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs
=
On the first floor of my council flat
There’s the young dynamic yuppie
He of the alpaca suits
Who forked out twenty million
For a two-room flat with loggia
He’s gone twenty years through the grind
To achieve this much
Now he’s happy
Yet says he’ll soon be off
Though he can’t anyway
As he still has to pay
For his dishwasher, his telly
And the sawdust for his cats
Coz of course
This nice centrist taxpayer
Doesn’t like children
Which tells you what a sad case he is
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs
=
On the second floor in my council flat
There’s a tribe of six to eight weirdos
Who live in sixty square metres
There’s music all the time
They’re May 68 vets
One’s unemployed
One’s a teacher
And one’s my sister
They live just so, laidback
Mattresses on the floor
And the neighbours are hopping mad
They make a hell of a racket
Never pay the rent
When court bailiffs show up
They write letters to Libération
Which tells you how cool they are
=
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs
=
On the third floor of my council flat
There’s this bloody cunt
That works in advertising
Winters in Avoriaz
Summers at Club Med
Like all brainless blondes
She’s got a Mini Cooper
She turns the neighbourhood on
When she’s out walking her spaniel
In fem dems
She’s always at the forefront
But she doesn’t want children
Coz they make you age prematurely
Give you saggy buttocks
And wrinkle your face
She got that from L’Express
Which tells you how much she reads
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs
=
On the fourth floor of my council flat
There’s the one his neighbours
Call the Communist
Well, he isn’t too happy about it
Says he’s a Trotskyite
I’ve never really understood
The basic difference
He could explain it to me
But it’d take hours
Since his petition
Three years ago for Chile
All tenants suspect him
At each new graffito
For all that ‘Death to morons’
In the stairwell
T’was I tagged it
Which tells you how right I am
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs
=
And then there’s in my council flat
A new romantic
A war veteran
A hoodlum, and a cop
Who wanders in a tracksuit
He does his jogging every day
With his German shepherd dog
From basement to parking lot
Damn rewarding, that
When I’m tired of those nice people
I go up to the eighth floor
To build for a while
With my girlfriend Germaine
A world full of children
And at the break of day we part
Convinced that we have
Which tells you how much we dream
=
Fuck, man, my council flat’s so bleak
And it’s flat counselling the gal on the eighth floor needs

14/06/2015

The Moody Blues – Nights In White Satin

Filed under: English songs,Others — marcel barang @ 10:15 am
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Tandis que, dehors, au cœur de la nuit, tonne le tonnerre tropical presque en retard d’une saison des pluies, je m’aperçois fortuitement au gré d’un surf YouTube d’un oubli impardonnable en ces pages de réminiscences : les nuits de satin blanc des Moody Blues quand j’avais vingt-deux ans. Une poignée de mots, une mélopée : l’envoûtement. Le vent aidant, voici des trombes d’eau à présent. Si tout se passe mal, Bangkok sera gaga-glouglou au matin, what else is new ?

Cela s’écoute sur YouTube.

Nights In White Satin – 1967
=
Nuits de satin blanc
=
Nights in white satin never reaching the end
Letters I’ve written never meaning to send
Beauty I’d always missed with these eyes before
Just what the truth is I can’t say any more
=
’Cause I love you
Yes I love you
Oh, how I love you, oh
=
Gazing at people, some hand in hand
Just what I’m going through, they can’t understand
Some try to tell me thoughts they cannot defend
Just what you want to be, you’ll be in the end
=
And I love you
Yes, I love you
Oh, how I love you, oh
I love you
Nuits de satin blanc qui n’en finissent jamais
Ces lettres que j’ai écrites sans jamais avoir l’intention de les envoyer
La beauté que je n’avais jamais su voir avec mes yeux d’avant
Je ne sais plus exactement ce qui est vrai
=
Car je t’aime
Oui je t’aime
Oh comme je t’aime
=
A regarder les gens, certains main dans la main
Ce que j’endure, ils ne peuvent le comprendre
Certains essaient de me donner des idées qu’ils ne peuvent défendre
Ce que tu veux être vraiment, tu le seras à la fin
=
Et je t’aime
Oui je t’aime
Oh comme je t’aime, oh
Je t’aime

29/04/2015

Leonard Cohen – Famous blue raincoat

Cela s’écoute sur YouTube.
=

Famous blue raincoat – 1970
=
Le fameux imper bleu
=
It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening
I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now 
I hope you’re keeping some kind of a record
=
Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?
=
The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene
And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife
=
Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards
=
And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping and your woman is free
Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried
=
And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
=
Sincerely, L. Cohen
=
Il est quatre heures du mat’, fin décembre
Je t’écris juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime là où je vis
Il y a de la musique toute la soirée dans Clinton Street
On me dit que tu te construis une p’tite maison en plein désert
Ta vie n’a plus de sens
J’espère que tu prends au moins des notes

=
Oui, et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
la nuit où t’avais prévu de passer au Clair
As-tu réussi à te mettre au Clair ?*

=
La dernière fois qu’on t’a vu, t’avais l’air bien plus vieux
Ton fameux imper bleu avait un accroc à l’épaule
T’étais allé à la gare attendre chaque train
Mais t’es rentré sans Lili Marlène
Et t’as donné à ma femme un aperçu de ta vie
Mais quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

=
Eh bien, je te revois, une rose entre les dents
Un gitan voleur et maigre de plus
Ah, je vois que Jane est réveillée
Elle t’envoie ses amitiés

=
Et que puis-je te dire, mon frère, mon meurtrier ?
Vraiment, qu’est-ce que je peux bien te dire?
Je crois que tu me manques. Je crois que je te pardonne
Je suis content que tu m’aies entravé
Si jamais tu reviens par ici pour Jane ou pour moi
eh bien, ton ennemi dort et ta femme est libre

Oui, et merci pour la peine que t’as ôtée de ses yeux
Je croyais qu’elle y était pour toujours, alors je n’ai jamais essayé

=
Et Jane est venue avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
la nuit où t’avais prévu de te mettre au Clair

=
Sincèrement, L. Cohen
=
* Expression de scientologie, pour qui l’état Clair est la condition d’une personne qui n’est plus soumise à des influences non souhaitées provenant de souvenirs ou d’émotions traumatiques passés.

15/04/2015

Indila – Tourner dans le vide

Filed under: Autres,French songs — marcel barang @ 1:27 pm
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Cela s’écoute sur YouTube.

Tourner dans le vide – 2014
=
Spinning me round
=
Il était brun, le teint basané
Le regard timide, les mains tout abîmées
Il taillait la pierre, fils d’ouvrier
Il en était fier, mais pourquoi vous riez ?
Non, ne le jugez pas
Vous qui ne connaissez pas
Les vertiges et le labeur
Vous êtes faussement heureux, vous troquez vos valeurs
Lui, il est tout mon monde et bien plus que ça
Seule, je crie son nom quand vient le désarroi
Et puis tout s’effondre quand il n’est plus là
J’aimerais tellement lui dire mais je n’ose pas
Lui qui me fait
Tourner dans le vide, vide
Tourner dans le vide, vide
Tourner dans le vide, il me fait tourner
Dans le vide, vide, vide
Tourner, tourner dans le vide
Tourner dans le vide, il me fait tourner
Tourner dans le vide [x7]

Qui peut bien me dire ce qui est arrivé ?
Depuis qu’il est parti, je n’ai pu me relever
Ce n’est plus qu’un souvenir, une larme du passé
Coincée dans mes yeux, qui ne veut plus s’en aller
Oh non, ne riez pas
Vous qui ne connaissez pas
Les vertiges et la douleur
Ils sont superficiels, ils ignorent tout du cœur
Lui, c’était tout mon monde, et bien plus que ça
J’espère le revoir là-bas, dans l’au-delà
Aidez-moi, tout s’effondre puisqu’il n’est plus là
Sais-tu, mon bel amour, mon beau soldat…
Que tu me fais

Tourner dans le vide, vide
Tourner dans le vide, vide
Tourner dans le vide, tu me fais tourner
Dans le vide, vide, vide
Tourner, tourner dans le vide
Tourner dans le vide, il me fait tourner
Tourner dans le vide [x7]

Il me fait tourner dans le vide
Tourner dans le vide, tourner dans le vide
Il me fait tourner dans le vide
Tourner dans le vide, tourner dans le vide
Tourner dans le vide, il me fait tourner
Tourner dans le vide

He was brown-haired and dark-skinned
with a shy look and damaged hands
He carved stones, a worker’s son
and proud of it – but why are you laughing?
No, don’t judge him
you who don’t know anything
about dizziness and labour
Your happiness is fake, you don’t stick to your values
He’s my whole world and even more than that
Alone, I shout his name in times of distress
And then everything collapses when he’s no longer around
I’d really like to tell him but I don’t dare
He who spins me
spins me round and round
spins me round and round
spins me round and round
and round and round and round
spins me, spins me round
spins me round, he spins me round
spins me round (x 7)

Who can tell me what happened?
Since he went away I haven’t been able to get back on my feet [It’s just a memory now, a teardrop from the past
Stuck in my eyes and which won’t go away
Oh no, don’t laugh
You who don’t know anything
About vertigo and pain
They are superficial, they know nothing about the heart
He was my whole world and even more than that
I hope I’ll see him again over there, in the hereafter
Help me, everything’s collapsing as he’s no longer around
Do you know, my beautiful lover, my beautiful soldier
That you spin me round

spin me round and round
spin me round and round
spin me round and round
and round and round and round
spin me, spins me round
spin me round, he spins me round
spins me round (x 7)

He spins me round and round
Spins me round and round, round and round
He spins me round and round
spins me round and round, spins me round and round
spins me round and round, he spins me round and round
round and round

12/02/2015

Jethro Tull – Aqualung

Cela s’écoute sur YouTube.

Aqualung – 1971
=
Scaphandre
Sitting on a park bench
Eyeing little girls with bad intent
Snot running down his nose
Greasy fingers smearing shabby clothes
=
Drying in the cold sun
Watching as the frilly panties run
Feeling like a dead duck
Spitting out pieces of his broken luck
=
Sun streaking cold an old man wandering lonely
Taking time the only way he knows
Leg hurting bad, as he bends to pick a dog-end
He goes down to the bog and warms his feet
=
Feeling alone? The army’s up the road
Salvation à la mode and a cup of tea
Aqualung, my friend, don’t start away uneasy
You poor old sod, you see, it’s only me
=
Do you still remember December’s foggy freeze
When the ice that clings on to your beard is screaming agony
And you snatch your rattling last breaths with deep-sea-diver sounds
And the flowers bloom like madness in the spring
=
Assis sur un banc dans un parc
Lorgnant les minettes avec de noirs desseins
De la morve coulant de son nez
Ses doigts gras barbouillant des habits miteux
=
Se séchant au soleil froid
Observant la course des petites culottes à frou-frous
Se sentant comme un rat mort
Crachant les pépins de sa malchance
=
Le soleil transit un vieil homme qui erre esseulé
Prenant le temps de la seule façon qu’il connaît
Un mal de chien à la jambe tandis qu’il se baisse pour ramasser un mégot
Il descend au marais et se réchauffe les pieds
=
Tu te sens seul ? L’Armée est en haut de la rue
Du Salut à la mode et une tasse de thé
Scaphandre, mon pote, va pas t’inquiéter
Espèce de vieux chnoque, tu vois, ce n’est que moi
=
Est-ce que tu te souviens des gelées embrumées de décembre
Quand la glace agrippée à ta barbe est un supplice
Et que tu t’arraches des râles avec des glouglous de plongeur sous-marin
Et puis les fleurs en folie fleurissent au printemps
=

11/01/2015

JB Bullet – #JeSuisCharlie

Never heard of this JB Bullet but he sure does shoot straight. Cela s’écoute sur YouTube.

#JeSuisCharlie – 2015
=
#JeSuisCharlie
=
J’ai pas peur de toi, l’extrémiste
Qui vient descendre nos journalistes
Crois-tu passer pour un croisé
En butant nos gardiens d’la paix ?
Penses-tu vraiment avoir des couilles
Quand c’est ton frère que tu zigouilles
Pendant qu’à terre il t’implorait ?
C’est bon, chef, j’en ai eu assez !
=
[Refrain]
Si tu t’demandes où est Charlie :
À jamais dans nos esprits
Un coup d’kalash pour un coup d’crayon
Tu salis ta religion
=
Partir en Syrie faire le Djihad
Et r’venir faire des fusillades
C’était ça ton plan de carrière ?
Penses-tu aux familles qu’y a derrière ?
T’es-tu vraiment senti menacé
Par un pauvre crayon à papier ?
Faire de l’humour dans un journal
Mérite-t-il la peine capitale ?
=
[Refrain]
=
Tu débarques froidement depuis Reims
Armé, cagoulé comme un prince
En scandant le nom de ton dieu
Qui n’voudra même pas d’toi aux cieux
C’est d’respecter nos différences
Qui fait la beauté de la France
Mais toi c’matin t’as tout gâché
C’est la haine que tu as semée
=
[Refrain]
=
J’m’en fous où tu vas à la messe
Mais ne t’en prends pas à la presse
Car quand c’est la guerre qu’y’a là-bas
T’es content qu’y’ait des caméras
Ne viens pas m’parler d’religion
C’t’excuse est complétement bidon
J’pense pas qu’il existe de bouquin
Qui dise de flinguer son prochain
=
[Refrain]
=
Même si j’ai envie d’crier aux armes
J’mets pas tout l’monde dans l’même panier
C’est en partant d’un amalgame
Qu’on fabrique des croix gammées
Mais j’ai pas peur, je suis français
Et c’est debout qu’tu vas m’trouver
Contre toi je lève mon stylo
Je suis aussi Charlie Hebdo !
=
[Refrain]
=
Bafouer notre liberté d’expression
C’est s’en prendre à toute la nation
On est 66 millions et on te dit
Moi aussi #JeSuisCharlie !
=
I’m not afraid of you, damn extremist
Who comes and snuffs out our journalists
D’you think you’ll pass as a crusader
By killing our police officers?
D’you really think you’ve got balls
When it’s your brother you bump off
As he begs for his life down on the ground*
All right, boss, I’ve had enough!
=
[Chorus]
If you wonder where Charlie is:
Forever in our minds
By drawing your AK over a pencil drawing
You’re dirtying your religion
=
Going to Syria for the jihad
And then back to indulge in shootings
Was that your career plan?
Ever thought of the families left behind?
Did you really feel threatened
By some silly doodle on paper?
Does being humorous in a newspaper
Warrant capital punishment?
=
[Chorus]
=
You coolly land from Reims
Armed and hooded like a prince
Chanting the name of your god
Who won’t even welcome you in heaven
It’s in the respect of our differences
That the beauty of France lies
But you this morning spoiled it all
By the hatred you’ve been sowing
=
[Chorus]
=
I don’t give a fuck where you go and worship
But leave the press out of it
For when it’s war there is over there
You’re glad their cameras are around
Don’t you come and talk to me of religion
A totally phoney excuse
I don’t think there’s any book
That tells you to shoot your neighbour
=
[Chorus]
=
Even if I feel like shouting To arms!
I don’t lump everybody together
It’s by lumping things together
That you forge swastikas
But scared I’m not: I’m French
And it’s standing that you’ll find me
Against you I raise my pen
I too am Charlie Hebdo!
=
[Chorus]
=
Scorning our freedom of expression
Is to lay into the whole nation
We’re 66 million of us and every one of us tells you
Me too #JeSuisCharlie!
=
* One of the twelve victims of the Charlie Hebdo massacre was an injured Muslim cop named Ahmed.

10/01/2015

Jacques Brel – Avec élégance

Filed under: French songs,Jacques Brel — marcel barang @ 3:04 pm
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A master song. One of his last, published after his death. Cela s’écoute sur YouTube.

Avec élégance – (2003)
=
With elegance
=
Se sentir quelque peu Romain
Mais au temps de la décadence
Gratter sa mémoire à deux mains
Ne plus parler qu’à son silence
Et
Ne plus vouloir se faire aimer
Pour cause de trop peu d’importance
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Sentir la pente plus glissante
Qu’au temps où le corps était mince
Lire dans les yeux des ravissantes
Que cinquante ans c’est la province
Et
Brûler sa jeunesse mourante
Mais faire celui qui s’en dispense
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Sortir pour traverser des bars
Où l’on est chaque fois le plus vieux
Y éclabousser de pourboires
Quelques barmans silencieux
Et
Grignoter des banalités
Avec des vieilles en puissance
Être désespéré
Mais avec élégance
=
Savoir qu’on a toujours eu peur
Savoir son poids de lâcheté
Pouvoir se passer de bonheur
Savoir ne plus se pardonner
Et
N’avoir plus grand-chose à rêver
Mais écouter son cœur qui danse
Être désespéré
Mais avec espérance
=
Feeling somewhat like a Roman
But in times of their decline
Scratching your memory with both hands
No longer speaking but to your silence
And
No longer wanting to be loved
For reason of making too little difference
Being desperate
But with elegance
=
Feeling the slope more slippery than
In those days when your body was slim
Reading in pretty women’s eyes
That past fifty is the back of beyond
And
Setting fire to your dying youth
But acting as if you need not do so
Being desperate
But with elegance
=
Going out and hopping across pubs
In each of which you’re the oldest
Spattering tips over
A few silent barmen
And
Frittering away platitudes
With tomorrow’s old biddies
Being desperate
But with elegance
=
Knowing that you’ve always been scared
Knowing how much you rate in terms of cowardice
Being able to go without happiness
Knowing how to no longer forgive yourself
And
Having nothing much to wish for anymore
But listening instead to your heart’s dance
Being desperate
But with expectation
=

01/01/2015

Leonard Cohen – A thousand kisses deep

Cette chanson a connu bien des mutations. Ceci est la version chantée, qui s’écoute sur YouTube. La version récitée, ou du moins l’une de ces versions récitées, s’entend ici or here.
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A thousand kisses deep – 2001
(for Sandy)
Au fin fond de mille baisers
(Pour Sandy)
The ponies run, the girls are young
The odds are there to beat
You win a while, and then it’s done
Your little winning streak
And summoned now to deal
With your invincible defeat
You live your life as if it’s real
A thousand kisses deep
=
I’m turning tricks, I’m getting fixed
I’m back on Boogie Street
You lose your grip, and then you slip
Into the Masterpiece
And maybe I had miles to drive
And promises to keep
You ditch it all to stay alive
A thousand kisses deep
=
And sometimes when the night is slow
The wretched and the meek
We gather up our hearts and go
A thousand kisses deep
=
Confined to sex, we pressed against
The limits of the sea
I saw there were no oceans left
For scavengers like me
I made it to the forward deck
I blessed our remnant fleet
And then consented to be wrecked
A thousand kisses deep
=
I’m turning tricks, I’m getting fixed
I’m back on Boogie Street
I guess they won’t exchange the gifts
That you were meant to keep
And quiet is the thought of you
The file on you complete
Except what we forgot to do
A thousand kisses deep
=
And sometimes when the night is slow
The wretched and the meek
We gather up our hearts and go
A thousand kisses deep
=
The ponies run, the girls are young
The odds are there to beat…
=
Les poneys galopent, les filles sont jeunes
La chance est là pour être forcée
D’abord tu gagnes et puis c’est la fin
de ta veine de débutant
Et sommé désormais de gérer
ton inéluctable défaite
tu vis ta vie comme si elle était vraie
au fin fond de mille baisers
=
Je racole, me remets à la coule
je suis de retour dans le moule
Tu perds pied et puis tu glisses
dans le Chef-d’œuvre
Peut-être que j’avais des bornes à faire au volant
et des promesses à tenir
Tu laisses tout tomber pour rester en vie
au fin fond de mille baisers
=
Et parfois quand la nuit est lente
nous les infortunés et les humbles
on rassemble nos cœurs et on s’en va
au fin fond de mille baisers
=
Réduits au sexe on s’est heurtés
aux limites de la mer
J’ai vu qu’il ne restait plus d’océan
pour des détrousseurs comme moi
J’ai réussi à gagner le gaillard d’avant
J’ai béni les restes de notre flotte
et puis consenti à faire naufrage
au fin fond de mille baisers
=
Je fais des coups, on me retape
Je suis de retour aux agapes
Je crois pas qu’ils vont échanger les cadeaux
que tu étais censé conserver
Et paisible est la pensée de toi
Le fichier sur toi est complet
Sauf ce qu’on a oublié de faire
au fin fond de mille baisers
=
Et parfois quand la nuit est lente
nous les infortunés et les humbles
on rassemble nos cœurs et on s’en va
au fin fond de mille baisers
=
Les poneys galopent, les filles sont jeunes
La chance est là pour être forcée…
=

Leonard Cohen – A thousand kisses deep

Cela s’écoute sur YouTube.
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A thousand kisses deep (recited version) – 2010
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Au fin fond de mille baisers (version récitée)
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You came to me this morning
And you handled me like meat
You’d have to be a man to know
How good that feels, how sweet
=
My mirror twin, my next of kin
I’d know you in my sleep
And who but you would take me in
A thousand kisses deep
=
I loved you when you opened
Like a lily to the heat
You see I’m just another snowman
Standing in the rain and sleet
=
Who loved you with his frozen love
His second-hand physique
With all he is and all he was
A thousand kisses deep
=
I know you had to lie to me
I know you had to cheat
To pose all hot and high
Behind the veils of sheer deceit
=
Our perfect porn aristocrat
So elegant and cheap
I’m old but I’m still into that
A thousand kisses deep
=
I’m good at love, I’m good at hate
It’s in between I freeze
Been working out but it’s too late
(It’s been too late for years)
=
But you look good, you really do
They love you on the street
If you were here I’d kneel for you
A thousand kisses deep
=
The autumn moved across your skin
Got something in my eye
A light that doesn’t need to live
And doesn’t need to die
=
A riddle in the book of love
Obscure and obsolete
Till witnessed here in time and blood
A thousand kisses deep
=
But I’m still working with the wine
Still dancing cheek to cheek
The band is playing ‘Auld Lang Syne’
But the heart will not retreat
=
I ran with Diz, I sang with Ray
I never had their sweep
But once or twice they let me play
A thousand kisses deep
=
I loved you when you opened
Like a lily to the heat
You see I’m just another snowman
Standing in the rain and sleet
=
Who loved you with his frozen love
His second-hand physique
With all he is and all he was
A thousand kisses deep
=
But you don’t need to hear me now
And every word I speak
It counts against me anyhow
A thousand kisses deep
=
Tu es venue à moi ce matin
Et m’as manié comme de la bidoche
Faudrait que tu sois un homme pour comprendre
Le plaisir que ça fait, comme c’est doux
=
Ma sœur à l’identique, ma proche parente
Je te reconnaîtrais dans mon sommeil
Et qui sinon toi m’accueillerait
Au fin fond de mille baisers
=
Je t’ai aimée quand tu t’es ouverte
Comme un lys à la chaleur
Tu vois je ne suis qu’un de ces bonhommes de neige
Debout sous la pluie et la neige fondue
=
Qui t’a aimée de son amour gelé
De son physique d’occase
De tout ce qu’il fut, de tout ce qu’il est
Au fin fond de mille baisers
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Je sais que tu as dû me mentir
Je sais que tu as dû tricher
Pour poser toute brûlante et toujours prête
Sous les voiles de pure tromperie
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Notre aristocrate porno parfaite
Si élégante et facile
Je suis vieux mais toujours accro
Au fin fond de mille baisers
=
Je suis doué pour l’amour, je suis doué pour la haine
C’est entre les deux que je me fige
Je m’entraîne mais c’est trop tard
Ça fait des années que c’est trop tard
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Mais tu as l’air en forme, oui, vraiment
Les gens dans la rue t’adorent
Si tu étais ici je m’agenouillerais pour toi
Au fin fond de mille baisers
=
L’automne a parcouru ta peau
J’ai quelque chose dans l’œil
Une lumière qui n’a pas besoin de vivre
Et n’a pas besoin de mourir
=
Une énigme dans le livre de l’amour
Obscure et obsolète
Authentifiée ici en temps et en sang
Au fin fond de mille baisers
=
Mais je continue de m’adonner au vin
De danser joue contre joue
L’orchestre joue ‘Auld Lang Syne’
Mais le cœur refuse de battre en retraite
=
J’ai couru avec Diz, j’ai chanté avec Ray
Je n’ai jamais eu leur envergure
Mais une fois ou deux ils m’ont laissé jouer
Au fin fond de mille baisers
=
Je t’ai aimée quand tu t’es ouverte
Comme un lys à la chaleur
Tu vois je ne suis qu’un de ces bonhommes de neige
Debout sous la pluie et la neige fondue
=
Qui t’a aimée de son amour glacé
Et de son physique d’occase
De tout ce qu’il fut, de tout ce qu’il est
Au fin fond de mille baisers
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Mais tu n’as pas besoin de m’entendre à présent
Et tous les mots que je prononce
Jouent contre moi de toute façon
Au fin fond de mille baisers
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Georges Brassens – Mourir pour des idées

Cela s’écoute sur YouTube.

Mourir pour des idées – 1972

To die for one’s ideas

Mourir pour des idées, l’idée est excellente
Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois :
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure
Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain
Or, s’il est une chose amère, désolante
En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Les Saint-Jean Bouche d’Or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté
« Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente »

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c’est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lent

Encor s’il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât
Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencée…
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Ô vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu ! laissez vivre les autres
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds !
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

To die for your ideas: an excellent idea
I came close to dying for not having had it
As all those who had it, an oppressive multitude
Baying for death, laid into me
They managed to convince me, and my brazen muse
Recanting past mistakes, has come round to their views
With a minor proviso, though:
Let’s die for our ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo

Figuring that there is no real hurry
Let’s go to the next world dawdling along the way
As, by quickening our pace, chances are we might die
For ideas obsolete by the next day
Or, if ever there’s a bitter, depressing thing
When returning your soul to God, it’s indeed realising
That you went off course, you got the wrong idea
Let’s die for our ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo

What’s more, those eloquent gurus who preach martyrdom
Most often linger on here below
To die for their ideas – you can say that again! –
Is their purpose in life, and they don’t stint themselves
In almost all groupings there are those that quite soon
Will outsmart Methuselah in longevity
From which I conclude they must tell themselves off-stage
‘Let’s die for our ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo’

Ideas demanding the supreme sacrifice
Sects of all kinds offer zealots aplenty to act on them
And novice victims are faced with the question
To die for our ideas, that’s very well, but which ones?
And since they are all very much alike
When he sees them coming a mile off flag aloft
The wise man, hesitating, beats around the tomb
Let’s die for some ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo

If only a few mass slaughters were enough
For everything at last to change … to fall into place
With so many Big Nights when so many heads roll
In Heaven on Earth we’d surely be by now
But the Golden Age always falls on a month of Sundays
The gods are still athirst, have never had enough
And it’s death, death anon and forever
Let’s die for our ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo

O you firebrands, o you righteous apostles
Go ahead and die first, then, we give way readily
But for pity’s sake, damn it, let the others live
Life is about their sole luxury here below
For, in truth, the Grim Reaper is vigilant enough
He needs no one to hold the scythe for Him
No more dance of death around scaffolds
Let’s die for our ideas by all means, but die pianissimo
But die pianissimo

09/11/2015

Simon & Garfunkel – Sound of Silence

Filed under: English songs,Others — marcel barang @ 6:49 pm

Cela s’écoute sur YouTube.
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Sound of Silence – 1964
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Le son du silence
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Hello, darkness, my old friend
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence
=
In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone
Beneath the halo of a street lamp
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed
By the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence
=
And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb the sound of silence.
=
Fools, said I, you do not know
Silence like a cancer grows
Hear my words that I might teach you
Take my arms that I might reach you
But my words like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence
=
And the people bowed and prayed
To the neon god they made.
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said: The words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls
And whispered in the sound of silence
=
Bonsoir, obscurité, ma vieille amie
Je viens te parler à nouveau
Car une vision subreptice
A germé tandis que je dormais
Et la vision semée dans mon cerveau
Perdure
Au sein du son du silence
=
Dans mes rêves agités, j’arpentais seul
D’étroites rues pavées
Sous le halo d’un lampadaire
Je remontais mon col contre le froid et l’humidité
Lorsque mes yeux furent éblouis
Par l’éclat d’un néon
Qui déchirait la nuit
Et atteignait le son du silence
=
Et dans cette lumière crue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des gens qui causaient sans parler
Des gens qui entendaient sans écouter
Des gens qui écrivaient des chansons jamais chantées
Et personne n’osait
Troubler le son du silence
=
Idiots, dis-je, vous ignorez
Que le silence se propage comme un cancer
Entendez ma voix, que je puisse vous enseigner
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
Mais mes paroles telles des gouttes de pluie silencieuses tombaient et résonnaient dans les puits du silence
=
Et les gens s’inclinaient et priaient
Le dieu de néon qu’ils avaient créé
Et un panneau pulsait un avertissement
Formulé à sa façon
Il disait : Les mots des prophètes
Sont inscrits sur les murs du métro
Et des entrées d’immeubles
Et sont susurrés dans le son du silence
=
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